Chaque jour d'avantage je me rends compte que
seuls les mots en relation avec la peau, le corps, le désir, sont encore susceptibles de
réveiller en moi quelques soubresauts d'intérêt.

Je dois bien l'avouer, désenchanté des chemins qui n'aboutissent pas résolument aux
transpirations des sens, j'entame à présent un cercle de soumission qui annonce comme
inéluctable mon retour obsédant vers la mémoire envahissante des généreuses
initiatrices.
En prenant ce large tournant, où je le sais s'accélère
l'incubation du final rebours, c'est comme si, dans cette avant-dernière course taurine,
je rejoignais enfin le coureur sautillant, si longtemps imprécis devant moi, dont je
reconnais à présent la foulée magique.
Celle-là même qui me portait avec souplesse aux
premières rencontres fusionnelles.
Je deviens progressivement en quelque sorte le fauve
gardien de cet enfant que j'étais. Inventoriant les multiples transpirations haletantes
de ce frêle puisatier, fardé de joyeuses glaires au sortir des seuls fonds qui
compteront à jamais : ceux incarnés de l'Amour.
Engagé malgré moi dans le pas tourbillonnant de cette
danse macabre je garde encore le goût braisé des taurides collisions séminales.