Ainsi, acceptant mon invitation en zone
neutre, tu désirais fermement mettre les choses au point.
A cet instant même de ta volonté mutilante, tu ne
renonçais pourtant pas à cruellement me séduire.
Tes épousailles de fine laine colorée se prolongeaient
sans mesure de prudence sur le charivari de ton corps fournaise.
Du subtil roulis fessier s'énonçaient en vagues
ondulantes, les oraisons sauvages d'un désir malgré toi. Réclamant avec force de
nouveaux tournoiements d'arène, au creux fauve de tes pentes inguinales, d'où
s'écouleraient inassouvies, en riche mélange, d'innocentes férocités sensuelles à
d'incontrôlables folies sanguines.
Je voulais pressentir et défendre ces exigences de
broussailles enflammées de salive, dans le souvenir retentissant de tes récentes
incartades, toutes étoilées d'attouchements frauduleux, que tes douanes enivrées de
nuit chaude n'avaient pu contrôler.
Ainsi tu désirais mettre les choses au point.
Mais avant tu devais me suivre dans ce lieu de jeunesses
attablées. Entendre les mouvements entrelacés, l'éclat des mots jaloux, le repas des
vitales croissances.
Avant de tenir un discours sans véritable auditoire, tu
devais faire face à mon inertie charnellement fourbe, ma paresse à entendre ton absurde
apologie de l'amitié, mon avidité à scruter au plus près le message de tes plus
intimes transpirations
Sors toujours une cigarette blonde en attendant le café
crème.
Triture ton briquet de luxe entre tes doigts nerveux.
Peaufine l'assommoir des mots raisonnables, comme je
réactive mon autisme.
Je savoure tes lèvres fardées ,j'aime la noirceur des
rêves qui festoient forcément derrière tes paupières mauves. Je lèche l'écume café
de tes commissures avides.
Regarde autour de toi et vois ce qui t'arrive à nouveau.
Ils sont jeunes et affamés. Comme je le suis de toi.
Mettre les choses au point.
- Tu sais ... j'aime mon mari. J'ai trois
enfants
un métier
Pour le blason de tes cris j'offre le tendre grain d'une
peau assoiffée de morsures.
J'ouvre à ton vin laiteux le faste de mon intérieur
buccal.
Je lis sagement, pour toi seule, l'édifiante première
page d'une histoire aux multiples démons de joie.
Je prosterne à la source foisonnante de tes gémissements,
la noirceur de mes fantasmes encore impubères.
Les choses.
- Nous ne ferons jamais l'amour ensemble !
TU M'ENTENDS !
Je t'entends cantique des cantiques.
Nous ferons l'amour ensemble.
Tellement bien et tellement fort sur l'herbe tendre, contre
les arbres,
sur la couche conjugale. Partout où ta rage révélée voudra
s'accoupler à ma démence.
Oui, cette fois je t'écoute et je t'entends.
Point.
- Quand te reverrai-je ?
- Sois patient ! Je ne suis pas encore prête. Sois patient
par pitié !